Missions et valeurs

1. Développer et démocratiser l’éducation artistique et culturelle pour tous les jeunes, dans le domaine des arts de la scène : théâtre, danse, marionnettes, arts du cirque. Inscrire l’éducation artistique dans l’ordinaire de la formation générale de tous les jeunes, dans et hors temps scolaire.

2. Contribuer à la réflexion de tous les théâtres et lieux culturels du service public sur les actions de médiation et de transmission culturelle initiées au sein de ces lieux.

3. Promouvoir la notion de parcours culturel inscrit dans la durée, pour tous les enfants et adolescents, à partir de la fréquentation directe des œuvres et des lieux, d’une préparation en amont de la représentation, d’une appropriation sensible en aval, et d’une initiation à la pratique artistique.

4. Offrir à tous les adhérents un espace de réflexion et de travail sur le renouvellement des formes et du contenu des partenariats, y compris de ses formes institutionnelles État / collectivités, éducation / culture, structures culturelles / établissements scolaires.

5. Structurer et animer le réseau de Théâtre & éducation et d’arts de la scène & éducation, en proposant des stages de recherche sur la transmission, des colloques, pour valoriser les expériences des praticiens et faire le lien avec la recherche universitaire.

Nos adhérents
L’ANRAT compte 600 adhérents : 40% représentent les arts et la culture et 60% le champ de l’éducation.

L’École du spectateur qu’est-ce que c’est ?
L’ANRAT a impulsé l’École du spectateur, élément important de son activité actuelle. Celle-ci repose sur trois principes : la fréquentation de l’œuvre, la contextualisation de l’œuvre et la pratique artistique. Le travail de sensibilisation à l’art et à la culture constitue désormais une dimension reconnue, nécessaire et incontournable de la formation des jeunes dans le cadre scolaire, de l’école primaire au lycée. La fréquentation régulière des spectacles de théâtre, de danse et de musique, de cirque ou encore de marionnettes, et leur appropriation par des démarches complémentaires en compagnie des artistes en constituent l’un des axes fondateurs.

La Charte pour une « école du spectateur » a pour objectif général de développer, faciliter et encourager l’engagement mutuel des théâtres et lieux de diffusion du spectacle vivant aux côtés des équipes pédagogiques des écoles, des collèges et des lycées. Elle contribue à donner à ces démarches d’accompagnement des élèves au spectacle vivant une reconnaissance institutionnelle et un caractère légitime et professionnellement valorisant. Elle fournit des pistes de travail, permet de préciser le cadre et les modalités d’intervention dans les classes, écoles et établissements scolaires comme lors de rencontres dans les lieux de création et de diffusion ; de mutualiser les moyens dans l’organisation des actions ; de promouvoir et diffuser les ressources pédagogiques qui accompagnent ces actions ; de contribuer enfin à la formation initiale et continue des enseignants, des artistes et des médiateurs. La possibilité, pour chaque élève, de se familiariser avec les ressources culturelles de son environnement, de découvrir le monde de la création artistique, de connaître et comprendre les codes d’une représentation (théâtrale, chorégraphique, musicale...) et d’acquérir la capacité d’en lire et analyser les signes et les contenus, est un facteur essentiel et structurant d’une éducation artistique et culturelle ancrée dans la recherche permanente d’équité et d’égalité d’accès à l’art et à la culture. Nous appellerons, par convention, l’ensemble des processus dédiés à l’acquisition de ces dispositions et compétences, « l’'École du spectateur ».

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La charte de l'École du spectateur

Inscrire plus que jamais le spectacle vivant au cœur de l’éducation artistique et culturelle - 9 juin 2020

La France traverse une longue et durable crise sanitaire qui a révélé les capacités de réaction collective et de solidarité de notre nation, mais aussi les terribles inégalités dans lesquelles se trouvent les enfants de notre République. Comme toute crise grave, celle-ci a accentué les faiblesses de notre École, malgré l’engagement consenti par nombre d'enseignants, d'élèves, de familles, de chefs d’établissement et de personnels territoriaux.
Ce contexte rend d'autant plus nécessaire une Éducation Artistique et Culturelle qui s’adresse à tous, comme une expérience fondatrice inscrite au cœur même de l’École, des programmes et des évaluations, comme une façon de se (re)construire et d’apprendre. Plus particulièrement, les réussites et les bienfaits de la présence du Théâtre dans l’éducation des jeunes, sont aujourd’hui unanimement reconnus. Ce travail partenarial est salué au-delà de nos frontières comme une remarquable exception propre à la France, porteuse depuis Vilar d’une conviction : comme le gaz et l’électricité, le théâtre est un service public, c’est-à-dire un bien commun, appartenant à tous, nécessaire et indispensable à notre vie, permettant de se découvrir soi-même, de rencontrer la force des œuvres et des auteurs, et d’apprendre dans le partage qu’il n’est d’espace commun que dans la rencontre avec les autres. Au fond, il s’agit d’apprendre à interroger le monde par la force poétique d’un art de la présence à soi et aux autres, que ce temps de crise paradoxalement rend encore plus urgent et désirable que jamais. 
Certes nous n’ignorons pas l’importance du virtuel et du numérique dans la découverte et l’approche du Théâtre par les jeunes. Loin d’opposer théâtre en présence et théâtre enregistré, l’ANRAT a toujours considéré que la captation d’une création, comme source d’interrogation, d’exploration et de mémoire, est un substrat pour de nouvelles activités avec les élèves. Toutefois la puissance de l’expérience des arts du spectacle, et du théâtre en particulier, repose sur l’impératif d’une présence partagée et réelle. Nous ne devons pas renoncer à cette joie du partage « pour de vrai ». Nous ne devons pas renoncer à l’importance de la présence, même si nous devons aussi aménager et inventer des dispositifs pour des raisons sanitaires. Qu’y soit préservée la force du théâtre quand il fait événement.

Plus que jamais les élèves et les jeunes ont besoin d’éprouver les plaisirs que procurent les œuvres de création, ils ont besoin de donner du sens aux temps qu’ils traversent, ils ont besoin d’émotions partagées que l’isolement ou la distance pourraient empêcher. Plus que jamais, alors que certains se sont éloignés de l’École pendant de nombreuses semaines, ils ont besoin d’apprentissages stimulants qui concernent le corps, l’espace, la parole et la langue partagée. Aussi, forte de son expérience et des très nombreux soutiens qu’elle reçoit de grands professionnels du théâtre, de pédagogues et de chercheurs, l’ANRAT demande la mise en place d’un ambitieux et urgent plan d’Education Artistique et Culturelle où le théâtre en partenariat aura plus que jamais toute sa place.
Le bureau de l’ANRAT sous la présidence d’Emmanuel Demarcy-Mota