MOA à l'école ?

par la compagnie LES TRANSFORMATEURS

Depuis le début de cette année, quatre écoles primaires de Bron (69) ont accueillies MOA.

Elle est présentée aux élèves comme une nouvelle camarade : "Toc toc toc... Bonjour monsieur Garcin, j'ai une nouvelle élève qui vient d'arriver, je vous la confie un moment le temps de constituer son dossier avec les parents."

MOA ne parle pas, MOA n'a pas de cartable, pas de crayon, pas de papier. MOA a un petit peu peur des enfants et les enfants ont un petit peu peur de MOA. MOA est une "petite" monstre. 

L’enseignant.e accueille MOA et favorise son immersion dans la classe, en la considérant comme une élève comme les autres. Quand MOA est installée l'activité, qui était menée dans la classe au moment de son arrivée, reprend. Mais MOA a de très grands ongles et est donc en grande difficulté pour toute activité manuelle, MOA est invité au tableau pour résoudre une addition mais n’en a jamais posé auparavant, MOA est toujours en echec.

MOA constitue pour l'enseignant.e une porte d’entrée artistique pour questionner les notions d’altérité et de différence.

Pour monsieur Garcin, maître de la classe de CE2/CM1 de l'école élémentaire Saint-Exupéry : "Les élèves ont dans un premier temps été surpris, interpellés face à cette élève différente et très impressionnés par ses immenses cornes sur la tête. Mais, contre toute attente, ils ont très vite été dans l'empathie et ont manifesté un intérêt particulier à lui venir en aide pour accomplir le travail demandé. Quelle joie de les voir se mobiliser autour d'elle pour l'encourager, la féliciter et l'aider à réaliser la tâche donnée malgré les différences. Quand madame Coudry, la directrice de l'école, est venue chercher MOA pour finaliser son inscription, les élèves ont tous été déçus de son départ et lui ont dit au revoir avec beaucoup de sincérité et de regrets."

La rencontre entre MOA et ses camarades a eu lieu.

L’expérience peut être réinvestie par la suite dans une tâche d’écriture accompagnée par Nicolas Ramond, concepteur et metteur en scène des créations de la compagnie LES TRANSFORMATEURS, ou dans un atelier d'art plastique avec la graphiste Marion Cluzel.

Pour accueillir MOA dans votre établissement ou votre classe ou avoir plus d'informations sur cette expérience, vous pouvez contacter Nicolas RAMOND au 06 70 71 48 62.

Qui est MOA ?

MOA est un personnage du spectacle FESTUM, LES REPUS ET LES AFFAMÉS.

Ils sont quatre. Deux femmes et deux hommes que le destin à réunit. La vie ne les a pas ménagés. Leur parcours, solitaire et chaotique, les a menés dans les profondeurs de la grande forêt. On raconte qu’elle est hantée. Ils y vivent à la marge, accompagnés d’un troupeau de bêtes étranges que l’un d’entre eux est parvenu à apprivoiser. avec le temps, ils ont appris à faire corps avec les bois. Ils ont développé des qualités indispensables pour revenir à l’état sauvage. Leur noblesse est dans le paraître. Monstrueux ? Terrifants ? Fragiles et désoeuvrés, plutôt... Ils en imposent pour ne pas se faire dévorer par un environnement hostile et par les drames passé qui les unissent et les séparent à la fois. Ils se sont inventé, un visage, un corps, une présence au monde qui vient raconter quelque chose de nos propres peurs. Ils se sont créés des rituels dont celui de la grande Transhumance. Tels une meute ils entament un périple qui traverse quartiers, villes et villages., Ils nous invitent à les suivre puis ils déposent les masques et se racontent, pour nous rappeler que la frontière qui nous sépare d’eux est fragile.

Il y a celle qui a tant souffert que le monde doit souffrir aussi... HEXE

Il y a celui qui a tout oublié et qui est dans l’opacité du déni... BLANK

Il y a celui qui veut se remplir pour que se taise la bête... VOLATOU

Il y a celle qui a fui les coups et qui s’est perdue dans la forêt... MOA

Quatre monstres, allégories de nos excès et de nos faiblesses, vont déambuler dans une procession à l’image des grands rituels païens. Errants et affamés, ils vivent du trop-plein des repus. Des rues de la ville à leur antre, ils nous entraînent dans une mystérieuse cérémonie.  

Avec ce spectacle, la compagnie LES TRANSFORMATEURS interroge la nécessité qu’éprouve l’être humain à se défaire de l’habit du quotidien pour se vêtir d’accoutrements, d’oripeaux et permettre à ses pulsions et une certaine sauvagerie de s’exprimer. Nourris d’un solide corpus de textes, de photos et de documentaires, les quatres monstres exorcisent nos peurs primaires et cheminent jusqu’à des questionnements contemporains autour de la solitude, la mort et l’inconnu. De gestuelles en costumes, de peintures anciennes en écrits moyenâgeux, le temps d’une nuit agitée, ce sont les monstres qui nous racontent… Dans les rues de la ville, le public est invité à suivre ces monstres jusqu’à ce que les masques tombent pour laisser la place à un récit intense de l’auteure lyonnaise Fabienne Swialty.

https://www.lestransformateurs.org/

L'ANRAT remercie Nicolas RAMOND pour son partage d'expérience.