Film-documentaire : Une aventure théâtrale

PROJECTION - RENCONTRE le 22 mai 2018 à 20h15 à Bordeaux

L’histoire de l’ANRAT s'inscrit dans le grand mouvement de la décentralisation théâtrale. L’Association a été créée pour faire vivre le partenariat entre artistes et enseignants, dans l’esprit des pionniers du théâtre public et de l’éducation populaires. Elle est héritière des valeurs et des démarches de l’action culturelle. 
Elle a contribué à l’organisation des colloques universitaires et à la publication des quatre volumes de L’Histoire de la décentralisation coordonnés par Robert Abirached et publiés aux Editions Actes Sud papiers dans les Cahiers "Théâtre-Education" de l’ANRAT.
Aujourd’hui elle se réclame des valeurs de la décentralisation et continue à les faire vivre avec ses nombreux partenaires. 

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Présenté cet été, au 71è Festival d'Avignon, le film "Une aventure théâtrale", véritable document sur l'histoire du théâtre en France de la fin de la guerre à 1981, avec de nombreux témoignages rares, a reçu un très bel accueil.
Le film sortira en exploitation le 10 janvier 2018. Il sera également programmé à l'occasion, de nombreuses manifestations liées à la célébration des 70 ans de la décentralisation théâtrale.

 
  UNE AVENTURE THEATRALE  
 30 ans de décentralisation 

Un film documentaire de Daniel Cling (100’)
 
Avec (ordre alphabétique) Robert Abirached, Françoise Bertin, Roland Bertin, Emile Biasini, Catherine Dasté, Jean Dasté, Sonia Debeauvais, Pierre Debauche, Général de Gaulle, Aristide Demonico, Jacques Fornier, Gabriel Garran, Hubert Gignoux, Georges Goubert, Jean-Louis Hourdin, Evelyne Istria, Jacques Kraemer, Jean François Lapalus, Jacques Lassalle, Jeanne Laurent, René Loyon, André Malraux, Philippe Mercier, Gabriel Monnet, Guy Parigot, Roger Planchon, Jack Ralite, Guy Rétoré, Isabelle Sadoyan, Maurice Sarrazin, Christian Schiaretti, Bernard Sobel, André Steiger, Arlette Téphany, Pierre Vial, Jean Vilar, Hélène Vincent, Jean-Pierre Vincent, Antoine Vitez.


Quel superbe film ! Merci d'avoir su donner vie, avec tant de justesse et de sensibilité, à une histoire de soixante-dix ans qui a vu le renouveau du théâtre en France, à travers une décentralisation qui a été voulue, vécue, développée au sein d'une société en constante mutation. C’est une sorte d'épopée qui a tout emporté sur son passage et qui nous revient ici, scandée allègrement par les paroles et les images de ceux qui l'ont construite au jour le jour, comédiens, metteurs en scène, publics, au milieu des turbulences du monde. J'espère vivement que ce récit atteindra les jeunes générations de spectateurs pour leur donner connaissance de combats et de victoires qui leur appartiennent autant qu’à leurs aînés. Robert Abirached, Paris le 25 juin 2017
 
En cette année qui fête les 70 ans de la décentralisation dramatique, ce film témoigne, par la présence de plusieurs de ses fondateurs, d'un désir quasi forcené d'apporter le spectacle vivant à ceux qui en étaient éloignés, voire exclus. 
 
Portée par des comédiennes et des comédiens, des metteurs en scène, des techniciens, des auteurs, du public, des élus, la décentralisation théâtrale fut pionnière et plurielle, vivante et populaire. En allant à la rencontre de ceux qui ont consacré une partie de leur vie à la faire exister, une aventure théâtrale raconte les trente premières années de cette histoire unique.
 
La décentralisation théâtrale a contribué à dessiner la France pendant plusieurs décennies à partir du lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle plonge dans les racines d'un art collectif qui a su de tout temps épouser le monde dans lequel il s'exprimait. Ce film propose de nous raconter cette histoire par ceux qui l'ont faite, en nous intéressant à ce qui fut une aventure unique, humaine, artistique, sociale, historique et politique.
Les seuls récits dont nous disposons étant portés par quelques noms bien connus de tous, ils se révèlent insuffisants pour traduire le foisonnement de cette histoire à laquelle tant d'acteurs ont participé.
Comme l'arbre cache la forêt, la notoriété des uns, conduit à oublier la multitude des autres, qu'ils soient acteurs, spectateurs, représentants des publics, techniciens : tous ceux qui ont permis de faire connaître à un large public un théâtre exigeant, un répertoire inédit, dans un mouvement qui a irrigué le pays pendant plusieurs décennies.
 
 
Montage : Anne Marie C.Leduc
image : Guillaume Martin, Jacques Besse, Damien Fritch
musique : Jonathan Harvey
son :  Nicolas Joly, Thomas Perlmutter, Emmanuelle Sabouraud, Eric Tayné, Samuel Mittelman
productrice : Céline Loiseau
coproduit par : Josiane Schauner, Olivier Bourbeillon
producteurs associés : Miléna Poylo & Gilles Sacuto
 
Une production TS Productions et l’Union des Artistes, en coproduction avec Bix Films, Paris-Brest Productions, avec la participation de Vosges Télévision et Rennes Cité Média et le soutien  de l’Adami,  d'Audiens et du Ministère de la Culture et de la Communication. Avec l'aide du Centre national du cinéma et de l’image animée.

Daniel Cling (réalisateur)
Ancien boursier du Ministère des Affaires Etrangères - bourse Lavoisier.
Après des études à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, il suit une formation à la mise en scène à l’Ecole d’art dramatique Anatoli Vassiliev à Moscou et obtient un Master II en théorie des arts. Il réalise, enseigne le cinéma à l'université d'Aix Marseille et participe, à travers les différentes associations professionnelles auxquelles il est associé (Gulliver, Alterdoc, Périphérie) à la diffusion et à la réflexion sur le documentaire. Ses films traitent de la transmission ; ils proposent une lecture du cinéma comme partie prenante des enjeux mémoriels et idéologiques de son temps.
 
Entretien avec Daniel Cling
Comment est né ce film ?
Dans le cadre de son activité de mémoire et d'histoire, l'Union des Artistes avait enregistré de nombreux entretiens avec les pionniers de la décentralisation. Cela lui a donné l'idée d'en tirer un film qu'on m'a proposé de réaliser.  Je connaissais bien cette histoire qui m'avait passionné quand j'ai commencé à faire du théâtre au milieu des années 80 -j'avais d'ailleurs eu un échange épistolaire avec Hubert Gignoux en 93/94 après la sortie de son magnifique « histoire d'une famille théâtrale », et j'ai donc accepté avec beaucoup d'enthousiasme.
 
A quel moment avez-vous pensé à Philippe Mercier pour être votre fil conducteur ?
La décision d'avoir recours à Philippe Mercier a été prise très tôt dans l'écriture. Il était évident qu'il y aurait beaucoup de personnes à filmer (plus de trente-cinq) et je ne voulais pas réaliser un catalogue, mais des rencontres et comme le film raconte la décentralisation, je voulais qu'on y voyage. Si Philippe n'avait pas été là, le voyage aurait été artificiel, donc il fallait quelqu'un. Mais il fallait quelqu'un qui ait des raisons d'y être, quelqu'un de légitime en somme, et qui pouvait aller des uns aux autres naturellement, comme on visite des amis. Philippe avait travaillé très jeune à Rennes avec Georges Goubert, Guy Parigot et Hubert Gignoux. Il avait travaillé avec tout le monde et toutes les générations. De Pierre Vial à Guy-Pierre Couleau, en passant par Roland Bertin, Gabriel Monnet, André Steiger, Christian Schiaretti, etc. Quand j'ai dit qu'il nous fallait quelqu'un, Aristide Demonico qui a accompagné ce projet du début à la fin, m'a immédiatement proposé de rencontrer Philippe. Et ça a très bien collé. Je lui ai montré mes films, nous avons beaucoup échangé et puis il est devenu évident que ce serait lui. Il a trouvé sa place dans tout cela avec une facilité et un bonheur qu'on retrouve il me semble à l'image.
 
Comment avez-vous structuré votre film ? Le choix des intervenants ?
Le choix des intervenants s'est fait en fonction de leur place dans la période qu'on allait couvrir, c'est à dire de 1947 à 1981, des possibilités du récit qui ne pouvait pas tout embrasser, des propositions de l'Union des Artistes, des affinités, de mes intuitions, ou encore des relations avec Philippe Mercier. Il était évident qu'on ne pouvait pas filmer tout le monde et il a fallu faire des choix. Certains ont été des choix contraints. Gabriel Monnet venait de décéder quand j'entamais le travail, André Steiger en cours d'écriture en 2012, et Patrice Chéreau un an plus tard. On a pu en revanche filmer Françoise Bertin quelques mois avant sa mort et on a eu de la chance parce qu'elle aurait énormément manqué pour traduire les idéaux et la passion de la mission dans laquelle cette génération a cru. Sa présence est essentielle au film. « La décentralisation par ceux qui l'ont faite » a longtemps fait partie du titre du film, parce qu'on avait cette volonté avec l'Union, de raconter une histoire qui n'avait été dite jusqu'à présent que par les capitaines. Isabelle Sadoyan nous rappelle à juste titre qu'elle a travaillé gratuitement pendant des années et que Roger Planchon n'aurait pas été Planchon -nonobstant son talent- sans le concours des comédiennes et des comédiens qui se sont investis comme elle à ses côtés. Le désir de filmer les sans-grades fait donc partie du film. Et parmi eux, les femmes, qui sont les grandes oubliées de l'Histoire, hormis Jeanne Laurent, l'exception qui confirme la règle.
Pour ce qui est de la structure, elle est assez classique. On commence par le début et on termine par la fin pour ainsi dire. Robert Abirached introduit le temps historique et nous guide dans les problématiques. Ensuite, il y a la structure imposée par les rencontres. Il y a parfois du tuilage, ou du feuilletage et aussi des ruptures. Enfin tout ça c'est le travail du montage. Le film se structure au départ avec l'écrit afin de s'assurer qu'il peut fonctionner. Cet écrit permet de trouver du financement, de savoir vers où on va ensuite, et puis la structuration se fait en définitive au montage en fonction des éléments que je ramène du tournage. Et là je dois saluer le travail remarquable de ma monteuse, Anne-Marie Leduc, qui a su trouver des solutions pour que ce film ait cette qualité de récit, à la fois de fluidité mais aussi de contenu. Parce que c'est en définitive la chose la plus complexe de faire progresser une histoire tout en faisant progresser le régime des idées, avec ses ramifications, ses contradictions, ses développements, ses explosions. C'est la chose la plus difficile de donner du plaisir en apportant du sens.
 
Comment avez-vous procédé pour trouver toutes les images d’archives ?
La recherche d'archives s'est faite en trois temps, au moment de l'écriture, au tournage et en cours de montage. Au moment de l'écriture, il s'agissait de s'assurer du matériau existant. Il y avait les archives de l'Union, celles provenant de la télévision qui sont assez foisonnantes à partir du milieu des années 50 jusqu'au début des années 70. Ensuite, soit parce que le théâtre intéresse moins, soit à cause de l'éclatement de l'ORTF et des changements de pratiques en région, le théâtre n'occupe plus la même place à la télévision. Il y a les archives des Centres dramatiques eux-mêmes. Rennes est un exemple de ce point de vue avec un Guy Parigot qui prend très tôt conscience de l'importance de garder des traces. André Steiger dont personne ne se souvient, et qui a pourtant joué un rôle très important dans notre histoire théâtrale, a été fort heureusement été filmé par des compatriotes suisses en 1997. Il y a aussi les archives des comédiens ou des metteurs en scène eux-mêmes. Certains ont gardé des perles, d'autres n'ont rien conservé. Jean-Louis Hourdin ou Hélène Vincent par exemple ne gardent pratiquement aucune trace du passé. C'est leur façon d'avancer. Il y a enfin les archives de Canopée, et de bien d'autres structures. Il y a enfin et je devrais dire surtout les photos extraordinaires d'Ito Josue, qui documentent de façon remarquable le public des débuts.
 
Y a-t-il eu des inquiétudes, des réticences ou tout simplement des refus de vos intervenants ?

Non, je ne peux pas dire ça. Le film a été très bien accueilli par ceux que je voulais filmer. Je n'ai malheureusement pas pu voir Maurice Sarrazin à cause de sa santé mais j'avais fort heureusement les archives de l'Union à mon service. Le problème a été au contraire de devoir me passer dans le montage de personnes filmées. Guy-Pierre Couleau par exemple, qui dirige la Comédie de l'Est -le premier CDN a avoir vu le jour-, ne fonctionnait pas dans le montage. Tout ce qui se passait avec lui ou avec son équipe que j'ai accompagnée en tournée avait beau être intéressant, cela relevait d'un autre film. Et ça je n'avais pas pu le prévoir sur le papier. Idem pour Michèle Raineri qui anime les ATP des Vosges et qui entraînait le film ailleurs. Il y a eu d'autres cas comme ça. Le film impose sa loi et c'est au montage seulement qu'on le découvre.
 
Cette année la décentralisation théâtrale fête ses 70 ans et votre film s’arrête à mai 81, soit 30 ans. Pourquoi ?
34 ans d'histoire, c'est déjà pas mal non ? Je peux dire que c'est même une gageure ! En fait, 1981, est un tournant, comme 1968 en est un pour d'autres raisons. Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir on a la fois des moyens nouveaux, et en même temps, mis à part quelques exceptions qui existent d'ailleurs dans le film, on s'éloigne de plus en plus des valeurs des pionniers. Le film n'aurait pas eu cette cohérence si on ne s'était pas contenté de raconter l'évolution déjà spectaculaire à laquelle on assiste entre 1947 et 1981. Ensuite c'est une autre histoire qui reste à écrire. Ou à filmer d'ailleurs. Et puis je dois ajouter une chose quand même, que raconte le film. C'est que le point de vue des sans-grades, ceux qui ont fait la décentralisation, ne peut plus être convoqué par la suite, puisque qu'après 81, c'est fini, à part quelques exceptions, il n'y a plus d'équipe artistique dans les maisons ; les troupes ont disparu et le metteur en scène se retrouve seul à bord.
 
Votre film dépasse le champ du théâtre pour devenir un document historique et sociétal. En aviez-vous conscience lors du tournage ?
Franchement non. Le tournage mobilise une concentration particulière dans laquelle ce n'est plus la réflexion qui opère. C'est au moment du montage où on se remet à penser et que les choses prennent ou non forme.
 
Avec tous ces témoignages passionnants recueillis, n’y a t’il pas de frustration de ne pas pouvoir développer plus certaines personnes ? 
Beaucoup de celles et ceux que j'ai filmés aurait mérité un film à eux tout seuls. Mais c'est comme ça. Je ne vois pas comment faire autrement que de faire son deuil de tout ce qu'on aurait pu faire. En filmant Jacques Lassalle, je me suis dit qu'il manquait quelque chose sur l'histoire du théâtre et qu'il faudrait réaliser une série sur la mise en scène ou l'art de l'acteur. Malheureusement, la dimension marchande l'a emporté dans notre société et ce que faisait l'INA au siècle dernier, n'est plus possible aujourd'hui.
 
Que vous a appris cette recherche ?
Ce qui m'a sauté aux yeux, c'est évidemment les mutations de notre société, depuis les valeurs du CNR dont sont pétris les pionniers, le supplément d'âme apporté par Malraux qui introduit l'art dans la culture, et l'individualisme qui résulte de 68, rapidement encouragé par le libéralisme de Giscard. Non seulement le théâtre n'échappe pas aux lames de fonds qui traversent la société, mais on peut postuler qu'il les accompagne s'il ne les devance pas, comme on le dit de la littérature.    
Au début je me demandais quelles traces laisse le théâtre, et si la décentralisation théâtrale appartenait déjà à notre préhistoire.  En réalisant ce film, au-delà de tout ce que j'ai compris sur notre histoire théâtrale, et sur la manière saisissante avec laquelle on peut raconter l'histoire par le théâtre, j'ai eu la confirmation que le cinéma, par sa propension à produire de l’imaginaire, a une capacité inégalée pour traduire un idéal. C'est l'outil par excellence de l’intime, du politique et de l’artistique. 
 
Vous avez un parcours cinéma mais vous connaissez bien le monde du théâtre, expliquez-nous votre parcours ?

J'ai commencé par réaliser des décors de théâtre. En même temps que j'étais aux Beaux-Arts de Paris, le désir de devenir comédien a pris le dessus. J'ai donc suivi une formation -avec des Russes essentiellement, et joué pendant une quinzaine d'années. Mais pour moi le théâtre c'était la troupe et j'éprouvais une grande frustration de ne pouvoir vivre cette expérience. Comme mon envie de cinéma ne m'avait pas quitté, j'ai commencé à réaliser des films et c'est là que je me suis vraiment épanoui.
 
Le film va être projeté dans le cadre du prestigieux Festival d’Avignon, quel destin aimeriez-vous pour votre film ?

Le meilleur évidemment. C'est à dire qu'il touche le plus large public. Plus sérieusement, je peux ajouter que si le film fait bien son travail, j'espère qu'il donnera courage à tous ceux qui rêvent de renouer avec l'aventure théâtrale des pionniers de la décentralisation.
 
Propos recueillis par François Vila, Paris, 4 juin 2017
  
Biographies réduites des personnes apparaissant à l’image
Philippe Mercier
Comédien et metteur en scène, il à 18 ans en 1957 quand il est engagé par le Centre dramatique de l'Ouest. Suivront 15 ans de décentralisation avec H. Gignoux, J. Dasté, A. Steiger, J. Fornier, G. Monnet, puis 20 ans à la tête de sa compagnie du Théâtre du Pont-Neuf. Il a travaillé avec J. Lavelli , P. Brook, C. Schiaretti , R. Brunel, A. Meunier, GP. Couleau . Actuellement en tournée internationale avec un Tchékhov.
 
Robert Abirached
Né à Beyrouth en 1930, il découvre très jeune l'édition et devient critique littéraire et dramatique pendant plusieurs années avant de se consacrer à l'enseignement qu'il interrompra pour devenir en 1981 le Directeur du Théâtre et des Spectacles, poste qu'il choisit de quitter en 1988. On lui doit de nombreux ouvrages dont les quatre volumes de La décentralisation théâtrale qui feront date.
 
Jean Dasté
Elève de Jacques Copeau, Jean Dasté nait en 1904 à Paris et décède le 15 octobre 1994. Acteur, metteur en scène, il créé à Grenoble dès 1945 la Compagnie des comédiens puis la Comédie de Saint-Etienne qui devient en 1947 Centre dramatique national sous l'impulsion de Jeanne Laurent. Remarquable comédien, il est reconnu au cinéma grâce à Zéro de conduite et l'Atalante de Jean Vigo.
 
Catherine Dasté
Née en 1929, Catherine Dasté est comédienne, metteur en scène. En 1969, elle fonde la compagnie La Pomme verte qui s’installe à Sartrouville avant de créer vingt ans plus tard le premier Centre dramatique national pour l'enfance et la jeunesse.
 
Françoise Bertin
Françoise Bertin débute le théâtre en 1949 à 24 ans à la toute jeune Comédie de Saint Etienne. Après son départ, et jusqu'à sa mort en 2014, elle enchaîne les rôles entre théâtre privé et théâtre public où elle retrouve régulièrement les grands noms de la décentralisation : Gabriel Garran, Hubert Gignoux, Gabriel Monnet, etc.
 
Gabriel Monnet
Né en 1921 et décédé en 2010. Comédien et metteur en scène, il prend la tête de la Maison de la Culture de Bourges inaugurée en 1963 et fonde quelques années plus tard le Théâtre de Nice qui deviendra Centre dramatique national, avant de prendre la direction du Centre dramatique de Grenoble où il associe Georges Lavaudant à la direction.
 
Pierre Vial
Né en 1928, comédien et metteur en scène formé à l'Ecole de la rue Blanche, il co-dirige la Comédie du Centre-Ouest avant de rejoindre la Comédie de l'Ouest puis la Comédie de l'Est dont il deviendra directeur à la suite de Jean Dasté. Après avoir poursuivi sa carrière avec notamment Antoine Vitez, il entre à la Comédie française en 1989.
 
André Steiger
Comédien, metteur en scène, adaptateur, écrivain et pédagogue, André Steiger a co-dirige la Comédie du Centre-Ouest et le Théâtre Populaire de Lorraine. Pédagogue reconnu à l'Ecole du TNS, de l'INSAS en Belgique puis doyen-responsable des études au Conservatoire de Lausanne. Décédé en 2012 à l'âge de 83 ans.
 
Maurice Sarrazin
Comédien et metteur en scène né en 1925, il fonde le Grenier de Toulouse en 1945 qui devient le Centre dramatique du Sud-Ouest quatre ans plus tard. En quarante ans, Maurice Sarrazin monte plus de 150 pièces, et donne plus de 5000 représentations, dans la plupart desquelles il joue également.
 
Guy Parigot
Né en 1922, il fonde avec Georges Goubert la Compagnie des Jeunes comédiens de Rennes à l'origine du Centre dramatique de l'Ouest (CDO) dont la direction est confiée à Hubert Gignoux en 1949. Il co-dirige ensuite la Maison de la Culture de Rennes puis le Grand Huit qui deviendra en 1989 le Théâtre National de Bretagne.
 
Georges Goubert
Comédien, administrateur, Georges Goubert crée avec Guy Parigot la Compagnie des Jeunes comédiens de Rennes avant de fonder avec lui en 1949 le Centre dramatique de l'Ouest (CDO) dont la direction est confiée à Hubert Gignoux. Il y restera jusqu'en 1975 puis travaille aux côtés d'Antoine Vitez au Théâtre National de Chaillot puis à la Comédie française.
 
Hubert Gignoux
Metteur en scène et comédien né en 1915 et mort en 2008, Hubert Gignoux a marqué la décentralisation de son empreinte. Après avoir dirigé le Centre dramatique de l'Ouest, il est nommé en 1957 à Strasbourg à la tête de la Comédie de l'Est que Malraux transformera en Théâtre national en 1968.
 
Jean Vilar
Comédien et metteur en scène né en 1912, il crée en 1947 le Festival d'Avignon qu'il dirigera jusqu'à sa mort en 1971. En 1951 Il est nommé par Jeanne Laurent directeur du Théâtre National Populaire qui s'installera au Palais de Chaillot. Le nom de TNP était celui du théâtre créé par Firmin Gémier le 11 novembre 1920.
 
Sonia Debeauvais
Entrée au TNP en 1956, elle est très vite en charge de la conquête du public par le biais des groupements et des associations. Elle met en œuvre les abonnements lancés par Jean Rouvet, l’administrateur de Vilar, en prospectant comités d’entreprise, associations de jeunes et amicales laïques de banlieue.
 
Jacques Fornier
Né en 1926, Jacques Fornier est comédien et metteur en scène. Fondateur de la Troupe de Bourgogne en 1956, qui deviendra Centre dramatique national sous le nom de Théâtre de Bourgogne en 1960, il a dirigé le Théâtre National de Strasbourg en 1971.
 
Roland Bertin
Né en 1930, Roland Bertin fait partie des fondateurs du Théâtre de Bourgogne avec Jacques Fornier, Guillaume Kergoulay, après avoir pratiqué pendant plusieurs années du théâtre itinérant en Bretagne. Après plusieurs décennies de décentralisation, il entre à la Comédie française en 1982.
 
Isabelle Sadoyan
Comédienne née en 1928, elle entame sa carrière avec Planchon avec qui elle travaillera pendant trente ans. Elle a joué dans plus de 80 pièces, dans une soixantaine de films et a réalisé de nombreux costumes de théâtre.
 
Roger Planchon
Né en 1931 et mort en 2009, Roger Planchon est comédien, metteur en scène, dramaturge et réalisateur. Il crée à Lyon dès 1952 le premier théâtre permanent. En 1957, il se voit confier le Théâtre de la Cité de Villeurbanne qui prendra le label de Théâtre National Populaire en 1972.
 
Christian Schiaretti
Metteur en scène né en 1950, il prend la succession du Théâtre National Populaire de Villeurbanne à la suite de Roger Planchon en 2002. Il a dirigé de 1990 à 2002 la Comédie de Reims.
 
André Malraux
Né en 1901 et mort en 1976. Romancier, militant antifasciste, amateur d'art, Malraux est un écrivain connu pour La condition humaine, un grand roman d'aventure et d'engagement. Intellectuel et homme politique, il est ministre de la culture de 1959 à 1969 et crée les Maisons de la culture.
 
Aristide Demonico
Comédien, metteur en scène et auteur né en 1933, élève de J. Bertheau, il participe à l'aventure théâtrale de la banlieue parisienne, du TGP de St Denis au festival des Amandiers, d'Aubervilliers à la création du Théâtre de l'Ouest Parisien. Il dirige ensuite les activités théâtrales de la Maison de la Culture de Bourges, puis crée en 1982 Ie Théâtre du Buisson avec lequel il s'emploie à faire connaître le théâtre yiddish.
 
Général de Gaulle
Né en 1890 et mort en 1970, il revient au pouvoir en 1958 après l'avoir quitté en 1946. Investi par le président du Conseil, il fait approuver la Vème République, et nomme André Malraux ministre de la Culture en 1959. Il quittera le pouvoir en 1969 après l'échec du référendum engagé pour réformer le Sénat.
 
Guy rétoré
Metteur en scène né en 1924, Guy Rétoré crée en 1952 la Guilde, compagnie théâtrale amateur qui gagne le concours des Jeunes Compagnies en 1957. Le ministère subventionne la Guilde à partir de 1960 en tant que troupe permanente, et l'installe au sein du Théâtre de l'Est parisien en 1963, dans les murs de l'actuel Théâtre national de la Colline.
 
Arlette Téphany
Sortie du Conservatoire national d'art dramatique, elle rejoint la Guilde de Guy Rétoré en 1957, qui fonde en 1963 le Théâtre de l’Est Parisien-Maison de la Culture, devenu depuis Théâtre National de la Colline. Directrice de compagnie à partir de 1971, elle fut en 1986 la première femme nommée à la tête d’un CDN (à Limoges).
 
Emile Biasini
Né en 1922 et mort en 2011, administrateur public, il participe à la naissance du ministère des Affaires culturelles. Conseiller technique de Malraux en 1960, il devient directeur du Théâtre, de la Musique et de l'Action culturelle en 1961 et met en place les premières Maisons de la Culture.
 
Jack Ralite
Né en 1928. Après avoir été journaliste à L'humanité, il est élu en 1959 au Conseil municipal d'Aubervilliers, ville dont il deviendra plus tard le maire. Il accueille Gabriel Garran comme professeur d'art dramatique avant que celui-ci ne fonde le Théâtre de la Commune d'Aubervilliers. Député communiste depuis 1973, il devient ministre de la santé en 1981, puis ministre de l'emploi.
 
Gabriel Garran
Né en 1929, Gabriel Garran est acteur et metteur en scène. Dès 1961, il organise à Aubervilliers un festival dans un gymnase. Avec l'aide de Jack Ralite, maire-adjoint d'Aubervilliers, il fonde en 1965 le Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, premier théâtre permanent de banlieue parisienne, promu Centre dramatique national en 1971.
 
Bernard Sobel
Metteur en scène et réalisateur né en 1935. Bernard Sobel et passe quatre ans au Berliner Ensemble sous la direction d'Hélène Weigel. Il fonde en 1964 l'Ensemble théâtral de Gennevilliers qui deviendra Centre dramatique national en 1983 où il mettra en scène une cinquantaine de spectacles.
 
Pierre Debauche
Né en 1930 en Belgique, Pierre Debauche se passionne très tôt pour les petits théâtres de la Rive droite de Paris. Ardent défenseur de la décentralisation, il a crée et dirigé le Théâtre des Amandiers de Nanterre de 1971 à 1974 où il a invité nombre de ses camarades, dont Antoine Vitez à le rejoindre.
 
Jacques Kraemer
Né en 1938, Jacques Kraemer fonde en avril 1963 une coopérative ouvrière, le Théâtre Populaire de Lorraine avec lequel il porte le théâtre jusque dans les plus petites villes lorraines. Il est rejoint en 1966 par André Steiger, puis par René Loyon et Charles Tordjman.
 
René Loyon
Comédien et metteur en scène né en 1948, il découvre le théâtre grâce à Roger Planchon. De 1969 à 1975, il co-anime avec Jacques Kraemer et Charles Tordjman le Théâtre Populaire de Lorraine. Il fonde en 1976 avec Yannis Kokkos la compagnie du Théâtre Je/Ils.
 
Jacques Lassalle
Né en 1936, il fonde en 1967 le Studio Théâtre de Vitry qu'il dirige jusqu'en 1982. Il est ensuite directeur du Théâtre National de Strasbourg puis devient administrateur de la Comédie française de 1990 à 1993. On lui doit une centaine de mises en scène.
 
Evelyne Istria
Elle débute avec Pierre Debauche en 1963 et poursuivra sa carrière avec Antoine Vitez, Bernard Sobel, Stuart Seide, Eric Lacascade, etc. Elle a joué dans une cinquantaine de pièces au coeur de la décentralisation.
 
Antoine Vitez
Mort en 1990 à 59 ans, Antoine Vitez est acteur et metteur en scène. Il fonde en 1971 le Théâtre des Quartiers d'Ivry après avoir été accueilli par Debauche à Nanterre ou Jo Tréhard à Caen. Il est nommé directeur du Théâtre National de Chaillot en 1981 et devient administrateur de la Comédie française en 1988.
 
Hélène Vincent
Né en 1943, Hélène Vincent est comédienne et metteur en scène. Elle débute avec Jean-Pierre Vincent et Patrice Chéreau dans la cruche cassée en 1963 et poursuivra l'aventure avec Jean-Pierre Vincent jusqu'au Théâtre National de Strasbourg qu'elle quitte fin 1976. Elle entame alors une carrière de metteur en scène tout en poursuivant celle de comédienne. 
 
Jean-Louis Hourdin
Né en 1944, il est comédien et chef de troupe. Après avoir été formé à l'Ecole supérieure d'Art Dramatique de Strasbourg, il fonde le Groupe Régional d'Action Théâtrale et Culturelle (GRAT) qui renoue avec la tradition des troupes itinérantes. Il rachète la maison Jacques Copeau en 2004 pour la dédier à la formation.
 
Jean-Pierre Vincent
Né en 1942, comédien, metteur en scène. De sa rencontre avec Patrice Chéreau au Lycée Louis-le-Grand en 1958, suivront 10 ans de créations, depuis le théâtre de Gennevilliers jusqu'à Sartrouville. Il prend la tête du Théâtre National de Strasbourg en 1974 puis de la Comédie française en 1983 et du Théâtre des Amandiers entre 1990 et 2001.
 
Jean-François Lapalus
Né en 1948, il entre à l'Ecole de Strasbourg puis intègrera la troupe de Jean-Pierre Vincent au Théâtre National de Strasbourg. Il le suivra à la Comédie française où il restera pensionnaire pendant trois ans avant de partir travailler avec Raoul Ruiz à la Maison de la Culture du Havre.